25 juillet 2023
Philippe Matsas : Pendant la séance de photos à Bruxelles avec Jean-Philippe Toussaint, nous avons parlé entre autres de la traduction de la Schachnovelle de Zweig et de la fameuse phrase qu’il évoque page 137 : Wurde jede Antwort zu ungeheuersten Verantwortung. Monstrueuse responsabilité, non ?
Ian De Toffoli: Je vois très bien pourquoi tu as ce réflexe, vu que tu es germanophone, et que le mot Ungeheur, c'est évidemment le monstre (je pense à Das Ungeheur von Loch Ness). Ici il faut quand même prendre en compte toute la phrase, et je pense que l'adjectif
« monstrueux » est trop chargé.
JPT : Pons distingue l’adjectif ungeheuer (énorme, immense, terrible, prodigieux) du substantif das Ungeheuer (le monstre). Mais la remarque est intéressante et m’amène à me demander si «quelle terrible responsabilité» n'aurait pas été plus naturel en français que «quelle immense responsabilité.»
17 janvier 2024
Peer Bundgård: « Pistyaner » dans « tournois de Pistyaner » ou plutôt dans « Pistyaner Großturnier» n’est pas un nom propre, mais un adjectif invariant, comme dans « Berliner Pfannkuchen » ou « Kölner Dom », etc. Le nom de la ville est Pistyan en allemand : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie%C5%A1%C5%A5any
JPT : C'est exact. Après vérification, la ville, en français, s’appelle Piešťany.
Piešťany (en allemand Pistyan, en hongrois Pöstyén) est une ville située au bord du Váh, dans l'ouest de la Slovaquie. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie%C5%A1%C5%A5any)
Mais je crois qu’on peut écrire Piestany, sans accents, comme je l’ai vu mentionner dans un article de la RTS : « Le tournoi international de Piestany (Slovaquie) » : https://www.rts.ch/sport/tout-le-sport/1299600-tournoi-de-piestany-la-suisse-en-echec.html
La correction sera faite dès que possible.
29 août 2026
Takafumi Nozawa, étudiant du séminaire « Traduction d’écrivain : Lire Échecs traduit par Jean-Philippe Toussaint » de Michiaki Tanimoto de l’Université de Tokyo, remarque, à la lecture du problème 13 (au sujet de « l'estoc au coeur »), que Jean-Philippe Toussaint, dans sa conversation avec Ian De Toffoli, explique au sujet du passage suivant : « Wie magnetisch festgehalten starrte ich auf das Brett und sah dort meine Schemata, Pferd, Turm, König, Königin und Bauern als reale Figuren, aus Holz geschnitzt; um die Stellung der Partie zu überblicken, musste ich sie unwillkürlich erst zurückmutieren aus meiner abstrakten Ziffernwelt in die der bewegten Steine », qu’il propose de le traduire ainsi : « Je regardais fixement l’échiquier, le regard comme magnétiquement retenu, et je voyais là mes diagrammes avec le Cavalier, la Tour, le Roi, la Dame et les pions devenus des pièces réelles sculptées dans le bois. Pour avoir une vue d’ensemble de la position, il fallait d’abord que je transpose malgré moi la partie de mon monde abstrait de notations algébriques en pièces tangibles déplacées sur l’échiquier. »
Mais Takafumi Nozawa fait remarquer que, dans le livre publié, page 102, la fin de la dernière phrase « en pièces tangibles déplacées sur l’échiquier », qui correspond à l’allemand « in die der bewegten Steine » a disparu.
Après vérification, JPT se rend compte que la fin de la phrase, qui était encore présente dans la version de travail du 23 mai 2022 à Bruxelles a disparu, sans raison apparente, de la version de décembre 2022 à Mersch.
Il s’agit donc, selon lui, d’une erreur de transcription et non d’un choix délibéré de raccourcir la phrase.
Il propose d’en informer les Éditions de Minuit et de leur demander de faire la correction, en rajoutant l’élément manquant, lors de la prochaine réimpression du livre.













